LES EVOLUTIONS ATTENDUES
SUR LE PLAN LEGAL
Contrairement à l'intérim la personne en portage salarial n'a aucun lien de subordination avec l'entreprise cliente.
Le portage répond à un besoin et est créateur d'emplois. Il est, de plus, de nature à réduire l'ampleur des délocalisations, notamment dans le secteur informatique.
Le statu quo législatif
Le portage répond à un besoin et est créateur
d'emplois. Il est, de plus, de nature à réduire l'ampleur
des délocalisations, notamment dans le secteur informatique (cf.
Question orale de Monsieur Patrick Bloche et la Réponse Ministérielle
lors de la séance de l'Assemblée Nationale du mardi 4 mai
2004).
Aussi le gouvernement a-t-il reconnu que des modifications du droit du
travail pouvaient être envisagées pour assurer le développement
de cette nouvelle forme de travail. Le GREP (Groupe de recherche par l'éducation
et la prospective) a conduit en 1999, pour le compte du Ministère
de l'Emploi et de la Solidarité, une étude sur le portage
salarial. Le portage est toujours à l'étude au niveau gouvernemental.
Le SNEPS a notamment demandé au gouvernement d'intégrer
le portage salarial dans le projet de loi sur la création d'entreprise,
afin notamment d'obtenir une reconnaissance explicite de l'activité
de portage salarial, dans le code du travail, distinct de la subordination,
qui caractérise le lien salarial classique. Cependant, aucune disposition
de la loi "Dutreil" n° 2003-721 du 1er août 2003 pour
l'initiative économique ne concerne le système du portage,
la loi préférant mettre l'accent sur la création
de TPE, en permettant notamment au travailleur non salarié d'exercer
dans son local d'habitation et de ne payer aucune cotisation provisionnelle
ou définitive pendant les douze premiers mois suivant le début
de l'activité non salariée.
Il n'y a, à ce jour, aucun projet ni proposition
de loi, de nature à intégrer la pratique du portage dans
le Code du travail.
Cependant, il n'est pas inintéressant de constater
que le ministre "auteur" de la loi du 1er août 2003 a
fait établir un guide pratique (Cliquez
ici pour ouvrir le document en pdf), que le ministre préface
et qui propose, de manière explicite, parmi plusieurs solutions,
le recours à une société de portage (2° "le
projet personnel").
Actions syndicales
Le SNEPS a tenté, en 2003, de négocier un
avenant à la convention collective SYNTEC. Toutes les organisations
syndicales représentatives souhaitaient la conclusion d'un tel
accord. Mais le SNEPS s'est heurté au refus du SYNTEC, qui estime
que les sociétés de portage sont des prestataires de service
de paie et non des cabinets de conseil.
La jurisprudence à venir
La reconnaissance explicite, sur le plan du droit positif,
du portage - dès lors que l'opération se situe hors du champ
d'application des articles L. 125-1 et suivants du Code du travail - procèdera
probablement, dans un premier temps, de la jurisprudence (décisions
rendues par les juridictions prud'homales et pénales) pour peu
que les juges se penchent de près sur cette nouvelle pratique,
pour ne pas la confondre avec les pratiques illicites visées par
le Code du travail.
La parasubordination
La pratique peut, à ce jour, s'appuyer sur les analyses
des juristes spécialisés qui font valoir que le droit du
travail ne peut plus, à l'heure actuelle, reposer exclusivement
sur la traditionnelle séparation entre le salariat et le travail
indépendant en invoquant la théorie de la "parasubordination",
appliquée à l'étranger et notamment en Allemagne
et en Italie.
La parasubordination est caractérisée par une "collaboration
coordonnée et continue". Cette forme de travail ne se caractérise
pas par un lien de subordination (contrôle permanent, instructions,
directives, etc.) entre deux parties, mais par un "contrat de prestation
professionnelle" impliquant une certaine dépendance, essentiellement
économique, du "parasubordonné". Ce statut concerne
10% de la population active en Italie. Le statut allemand de "quasi-salarié"
s'en rapproche.
Il n'est pas inutile de rappeler que le Code (français) du travail
contient déjà des règles spécifiques applicables
à des catégories de personnes que l'on pourrait considérer
comme "parasubordonnées", à savoir, notamment,
les travailleurs à domicile statutaires et, d'une certaine manière,
les VRP. Rien ne s'oppose, par conséquent, à ce qu'un nouveau
statut, dérogatoire, soit créé et intégré
au Code du travail, en encadrant précisément l'activité
de portage. Ce qui aurait pour avantage de permettre de distinguer aisément
le bon grain de l'ivraie...
Maître Alix de Cabinet Alix
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