Denis Champenois (Innovacom) : "Le point d'inflexion du capital-risque
semble atteint après trois années de chute"
Reprise ou pas? La question que beaucoup se posent aujourd'hui était
au coeur de la discussion entre Denis Champenois, président du
directoire d'Innovacom et donc patron de l'un des principaux fonds français
de capital-risque, et les lecteurs du JDN. Mais on a aussi abondamment
parlé des nouveaux - et anciens - secteurs vedette, des nouveaux
profils des créateurs d'entreprise, de bulle, d'après-bulle
et d'avenir.
JDN. : Le magazine Capital titre que le "e-business c'est reparti".
Qu'en pensez-vous ?
Denis Champenois : Les chiffres du premier semestre pour le capital-risque
montrent un arrêt de la chute des investissements. Le point d'inflexion
semble atteint après trois années de chute.
Certaines études estiment que le plus dur est derrière
pour le capital-risque. Votre avis ?
L'inflexion de tendance devrait être confirmée au second
semestre. Les "sorties" ne sont pas pour autant plus faciles
aujourd'hui.
Si le capital-risque repart, c'est que vous avez le sentiment que
les sorties boursières vont être de nouveau possibles. Vrai
ou faux ?
Vrai, pas avant 2004 en tout cas.
Si le capital-risque repart, qui en profitera le plus, les 1er ou
les 2ème-3ème tours ?
Sans doute les 2ème et 3ème tours. Les investisseurs ont
besoin d'avoir le retour des clients de la société financée,
ce qui reste difficile pour les premiers tours.
C'est bien beau que le capital-risque se sente mieux. Mais l'amorçage,
lui, reste à plat...
C'est vrai. L'amorçage, c'est difficile. Mais la France est mieux
lotie que les autres pays européens, notamment grâce aux
fonds d'amorçage, aux incubateurs créés ces dernières
années avec le soutien des pouvoirs publics et des Ecoles.